L’Auteur du Salut

L’Auteur du Salut

 

DIEU, SON EXISTENCE, SA NATURE, SES PERFECTIONS

« La croyance en Dieu est inhérente à l’homme. Nul ne peut, sans violenter sa nature, nier Dieu ; car l’intuition de son existence fait partie de notre constitution naturelle (…)

» Tous les peuples que mentionne l’histoire du passé, tous les peuples que mentionne la géographie actuelle, ont une religion. Les idées qu’ils se font de la divinité sont parfois très grossières, mais tous l’adorent. La croyance en Dieu est donc un élément caractéristique de la nature humaine. La négation de Dieu est une exception maladive, comme la cécité. En nous créant, Dieu nous a constitués de telle sorte que nous ayons l’intuition de son existence et de sa présence. »
(Ph. Vincent.)

1. — L’existence de Dieu
Hébreux 11 : 6

L’affirmation fondamentale de la religion révélée, comme d’ailleurs de toute religion, c’est que Dieu est. Cette affirmation n’est pas susceptible d’une démonstration mathématique ; elle n’est pas la conclusion d’un raisonnement ; elle est le produit de la foi.

L’athéisme, ou la négation de l’existence de Dieu, au point de vue biblique, a sa source dans la corruption du cœur.
(Ps. 14 : 1.)

François Bacon a fait sur ce passage la remarque suivante :

« Le prophète ne dit pas, il a pensé dans son cœur ; c’est-à-dire, qu’au fond, il ne sent pas ce qu’il dit, il veut seulement le croire : il voit qu’il serait très intéressant pour lui qu’il n’existât point de Dieu : en conséquence, il s’efforce en toute manière de faire entrer cette idée de la non-existence de Dieu dans son esprit, et de se le persuader à lui-même. Il s’étudie à la publier, à l’établir, à la soutenir comme un point de fait, un article accordé, un dogme véritable. Cependant cette étincelle de la lumière primitive qui nous découvre la Divinité subsiste encore ; c’est en vain qu’il s’efforce de l’éteindre totalement, et d’étouffer dans son cœur le trouble qu’elle y fait naître. Quand il avance donc qu’il n’y a point de Dieu, ce n’est pas le sens et la lumière naturelle qui dictent en lui ce jugement, c’est la corruption, c’est la perversité de sa volonté. »

A ceux qui s’imaginent que la foi en Dieu n’est possible que chez les ignorants, Bacon déclare : « 11 est vrai qu’un peu de philosophie fait incliner les hommes vers l’athéisme ; mais une connaissance plus approfondie de la nature les ramène à la religion. En voici la raison : l’homme qui considère les causes secondes séparées et désunies peut bien quelquefois s’y borner, et ne pas aller plus avant ;mais quand il vient enfin à considérer comment ces causes sont liées et enchaînées les unes aux autres, il est forcé de recourir à une Providence et à une cause première, pour rendre raison de cette dépendance mutuelle et de cet admirable enchaînement. »

Les principales preuves de l’existence de Dieu correspondent aux grandes manifestations que Dieu accorde à l’humanité dans la nature, la conscience et l’histoire, et à sa révélation dans la Bible.

Sur la prophétie, en tant que preuve de l’existence de Dieu, voir Es. 41 : 21-23 ; 46 : 9, 10 ; 48 : 3-7.

2. — L’unité de Dieu
Deutéronome 6:4

L’unité de Dieu est le complément nécessaire de l’idée même de son existence. Dieu étant l’absolu et l’infini, il n’y a pas de place pour d’autres dieux à côté de lui.

A l’origine, l’humanité était monothéiste. C’est par suite d’une dégénération qu’elle a passé à l’adoration des faux dieux et à l’idolâtrie : Rom. 1 : 18-25. Les faux dieux sont néant : Es. 45 : 18-21 ; Jér. 10 : 12-15 ; 1 Cor. 8 : 4. Mais derrière l’écran de ces dieux imaginaires se dissimulent les démons, inventeurs du paganisme, qui exploitent à leur profit les sentiments religieux des peuples plongés dans l’ignorance et la superstition : Deut. 32 : 1T ; 1 Cor. 10 : 19, 20.

Tout en maintenant l’unité essentielle de Dieu (1 Cor. 8 : 4, 6), affirmée par la révélation mosaïque, le Nouveau Testament enseigne la distinction des trois personnes divines : Mat. 28 : 19 ; 1 Cor. 12 : 4-6 ; 2 Cor. 13 : 13 ; Eph. 4 : 4-6.

3. — La personnalité de Dieu
Psaume 34 : 16, 17

Toute la Bible témoigne en faveur de la personnalité de Dieu. Le Dieu des Ecritures n’est pas seulement l’Absolu, l’Infini, l’Idée suprême, la Loi universelle. Il est l’Etre par excellence, qui pense, veut, aime, parle et agit.

« Le phénomène moral de filialité humaine propre à la foi chrétienne d’une part, d’autre part la révélation de la paternité divine telle qu’elle est attestée dans les évangiles par Jésus de Nazareth, c’est-à-dire la révélation chrétienne saisie dans ses deux sources concomittantes : l’expérience et l’histoire, nous met en présence d’un Dieu personnel. Le mot de Père que Jésus nous apprend à prononcer n’est pas un pur symbole, que l’on serait libre d’interpréter par le grand abîme du panthéisme ou par les abstractions glacées du déisme ; il est l’expression véridique d’une réalité morale. Dieu n’est pas le père des croyants par dérivation causale ou génération naturelle seulement, mais aussi, mais surtout par la relation personnelle qu’implique une paternité et une filialité morales. En d’autres termes, le Dieu chrétien, c’est YInfini personnel, ou mieux, la Personnalité infinie. » (Frommel.)

4. — La spiritualité de Dieu
Jean 4 : 24

L’Ecriture n’oppose jamais l’esprit à la matière. L’opposition, toute morale d’ailleurs, est entre l’esprit et la chair. Jésus n’a rien dit, par conséquent, concernant la substance divine. Au fond, nous ne savons rien de l’essence de la matière et de l’esprit ; nous ignorons même s’il s’agit de deux entités distinctes (selon le dualisme courant), ou s’il faut tout ramener à une substance unique (monisme, qui tend à prévaloir aujourd’hui.)

La déclaration de Jésus n’exclut même pas la cor-poréité de Dieu, pas plus que les paroles de Paul (2 Cor. 3 : 17) ne nient celle du Christ. Au point de vue hébraïque, il n’y a point d’existence consciente indépendamment d’un organisme physique.

Dieu n’est pas, comme l’homme, dominé par les appétits de la chair : voilà ce qu’enseigne Jésus. Spirituel, il est libre, il est la liberté même.

5 — Les perfections divines
Romains 1 : 20

L’essence de Dieu nous échappe complètement. Dans une grande mesure, le Dieu que nous adorons reste pour nous un Dieu caché. (Es. 45 : 15 ; 1 Tim. 6 : 16.)

Néanmoins, Dieu s’est plu à nous révéler quelques-unes de ses perfections. Nous passerons en revue les principaux attributs de Dieu, en adoptant la nomenclature et la classification proposées par Gaston Frommel : trois attributs métaphysiques négatifs (éternité, immensité, immutabilité) ; trois attributs métaphysiques positifs (toute-présence, toute-puissance, toute-science) ; trois attributs personnels (sagesse, liberté, véracité) ; trois attributs paternels (sainteté, amour, paternité).

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